Mardi 14 novembre 2006
2
14
/11
/Nov
/2006
05:00
 |
| Quel que soit son lieu de travail, l'actif parisien reste un utilisateur important des transports en commun, mais l'usage de la voiture fait plus que doubler quand l'emploi est en petite couronne au lieu de Paris, et plus que tripler quand il est en grande couronne. |
L'élaboration du plan de déplacements de Paris (PDP) ne pourra se faire qu'en liaison étroite avec ceux des villes voisines, dont les objectifs sont communs avec ceux de la capitale, à savoir réduire la pollution en développant l'offre de transports en commun. La réunion, jeudi dernier à Montreuil, d'une cinquantaine d'élus de la petite couronne autour de Bertrand Delanoë, maire de Paris, et de Jean-Paul Huchon, président du conseil régional, a démontré à travers une étude de l'Apur l'étroite interdépendance entre Paris et sa banlieue en matière de déplacements.
Cette nécessaire concertation au sein de la Conférence métropolitaine pourra même obliger la capitale à revoir sa copie, alors que, depuis 2001, elle se contentait d'informer les élus riverains de sa politique en faveur des couloirs de bus ou de stationnement payant, sans vraiment se soucier de ses conséquences sur leurs territoires. « Nous avons beaucoup dialogué avec Paris. On ne peut pas lui reprocher d'avoir pris des décisions, même si elles ont eu des effets difficiles sur Saint-Ouen, fait valoir son maire Jacqueline Rouillon. Désormais, nous allons pouvoir travailler ensemble. » Un groupe de travail doit se réunir d'ici à la fin novembre sur ce sujet. « Paris va présenter l'état de ses réflexions et nous pourrons faire des propositions pour modifier son PDP, qui sera donc établi en harmonie avec les souhaits de l'ensemble des collectivités », indique Jean-Pierre Brard, député-maire PC de Montreuil.
Entre 5 et 10 milliards d'euros
Il ne reste du document de travail, présenté par les Verts avec quelque 200 propositions, que de grands principes actés lors d'un séminaire de l'exécutif municipal fin septembre : désormais, toute restriction de la circulation serait conditionnée à une offre de transport alternative. « Il va y avoir une remise à plat totale et nous allons voir ce qui en ressort, concernant les voies sur berges, les quartiers centraux, l'accès aux portes de Paris ou le périphérique », précise Pierre Mansat, adjoint communiste en charge des relations avec les collectivités. La mise en place d'une voie dédiée du périphérique au covoiturage, aux véhicules propres et aux taxis fait grincer le plus de dents, alors que cette rocade accueille quelque 900.000 véhicules jour. « Delanoë nous a affirmé qu'il n'est pas question de neutralisation d'une file, sinon nous serions obligés de décréter l'Etat d'urgence », s'amuse l'élu de Montreuil.
Alors que leur projet pourrait être « corrigé », avant d'être présenté au Conseil de Paris en février, les Verts refusent de perdre la face : « Je suis satisfait car cette réunion a fait avancer le consensus sur les transports à l'échelle de l'agglomération », affirme Denis Baupin, adjoint en charge du secteur. Sous la pression des élus, Jean-Paul Huchon, malgré ses réticences, a en effet demandé l'inscription de crédits d'études dans le prochain contrat de projet (2007-2013) du métrophérique, une rocade souterraine de banlieue à banlieue estimée entre 5 et 10 milliards d'euros. « Il faudra des financements nouveaux, autres que fiscaux, pour le réaliser, a-t-il averti. Nous souhaitons récupérer le fonds d'aménagement pour l'Ile-de-France que l'Etat nous a volé il y a quelques années et il faudra augmenter le versement transport des entreprises. » L'UMP au niveau régional et parisien, dont seulement quelques représentants étaient à la réunion, soutient ce projet. Mais l'Etat est aussi appelé à la rescousse pour financer ces lourds investissements.
DOMINIQUE CHAPUIS (Les Echos)