Pour ou contre un péage urbain à Paris. Bertrand DELANOE est contre, la Droite parisienne demande un référendum

Publié le par L'équipe de rédaction

Un péage urbain à Paris, une hypothèse qui prend corps

Photo prise le 21 avril 2006 de l'axe parisien historique dessiné par Le Nôtre reliant le Louvre au quartier des affaires de la Défense et passant par l'Arc de triomphe

La réflexion sur un péage urbain à Paris prend corps dans une étude de la direction régionale de l'Equipement d'Ile-de-France (Dreif), alors que Dominique de Villepin a annoncé la semaine dernière la mise à l'étude de ce dispositif auquel Bertrand Delanoë et Jean-Paul Huchon sont opposés.
L'étude de la Dreif est en cours depuis deux ans dans le cadre de la révision du schéma directeur d'Ile-de-France.
"Il faut aborder le débat du péage urbain sans tabou", estime Francis Rol-Tanguy, directeur régional de l'Equipement d'Ile-de-France, interrogé par l'AFP. "Il se pratique à Londres et à Stockholm qui ne sont pas des municipalités de droite".
Francis Rol-Tanguy fut directeur de cabinet de Jean-Claude Gayssot, ministre communiste des transports du gouvernement Jospin.
Argument avancé par l'Etat: il faut de nouvelles sources de financement si on veut accélérer le déploiement des transports collectifs et réduire la circulation automobile.
"Il y a beaucoup d'autres formules que la formule londonienne. On est favorable à ce que le débat s'engage alors que, pour le moment on dit: ça en Ile-de-France, jamais", ajoute M. Rol-Tanguy.
L'étude évoque un "péage cordon en zone centrale semblable à celui mis en place à Londres en février 2003" (21 km2 où les usagers payent 11,7 €, les habitants bénéficiant d'un rabais de 90%).
Elle cite aussi un péage sur le système autoroutier francilien, dans la zone centrale délimitée par l'A86 et s'appliquant uniquement sur le réseau des voies rapides.
Selon la Dreif, ce système peut être étendu à tous les types de véhicules ou réservé aux poids lourds: "un péage du montant unitaire de celui existant en Allemagne (entre 0,12 et 0,15 € par km) appliqué aux poids-lourds, permettrait de générer une recette annuelle de l'ordre de 300 M EUR."
A gauche, l'idée de péage urbain hérisse. Le maire PS de Paris Bertrand Delanoë a estimé que "nos voisins de droite comme de gauche ne seraient pas contents du tout" au moment où la capitale essaie de "tisser des relations fortes" avec les communes limitrophes, via la conférence métropolitaine.
Jean-Paul Huchon, président PS de l'Ile-de-France et président du STIF (Syndicat des transports d'Ile-de-France), a vu lundi dans cette idée "une échappatoire de l'Etat" et "un aveu d'impuissance" face au financement des transports en commun. Il est "résolument contre à Paris".
Pour Pierre Mansat, adjoint (PCF) de M. Delanoë chargé des collectivités territoriales, un "péage à l'entrée de Paris n'a pas de sens". "A la fois du point de vue symbolique et de l'efficacité, cela me semble assez inapproprié".
"Proportionnellement, les Parisiens qui travaillent en banlieue sont plus nombreux que les banlieusards qui viennent travailler à Paris, dont 60% utilisent les transports collectifs. Si on suit cette logique, cela voudrait dire que le péage urbain soit aussi à la sortie de Paris", ajoute M. Mansat.
A droite, la circonspection est de mise. Françoise de Panafieu, candidate UMP à la mairie de Paris, estime qu'un "péage aux portes de Paris n'est pas possible". Mais elle est prête à discuter d'un "éventuel péage interne sur les quartiers centraux", "après consultation des Parisiens". Le député UMP de Paris Pierre Lellouche va plus loin: il préconise un référendum sur la question. 

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Serguei 07/10/2009 10:42


Bertrand est contre en 2006 et pour en 2010 ? Nous avons de la chance à Lyon notre maire est pour à condition que le péage urbain soit ''social''...???????!!!!!!!!!!??????