Tribune libre par Laurence DOUVIN (UMP)

Publié le par L'équipe de rédaction

 

 Laurence DOUVIN est Conseiller de Paris, Membre du Conseil Economique et Social et spécialiste des questions liées "au transport et aux déplacements" à la Fédération UMP de Paris.

 

Coup de projecteur …

 

On se rappelle les premiers hauts faits du Maire de Paris en matière de circulation : nous rentrions de vacances à la fin du mois d’août 2001 et nous avons retrouvé la rue de Rivoli tronçonnée en deux parties inégales séparées par un muret, décoré de bacs avec des bambous : les fameux couloirs de bus XXL étaient nés, affublés des non moins célèbres bambous de M. CONTASSOT.

Les bambous sont morts depuis longtemps mais pas l’ardeur du Maire de Paris à réfréner la circulation.

 

Premier exemple : la réalisation sur une dizaine de lignes de bus dits Mobilien de couloirs élargis à 4,50 mètres pour permettre aux bus d’y dépasser les quelque vélos supposés y rouler, des couloirs d’ailleurs trop souvent  vides de bus, pendant que la circulation générale c'est-à-dire voitures, camionnettes, véhicules de livraison de marchandises, bus touristiques et deux roues motorisées sont entassés sur une ou au maximum deux files restantes. Ces travaux représentent une somme d’argent investie énorme ; tout a été misé par le Maire de Paris sur le développement des bus. Pas de chance leur fréquentation a baissé de près de 5% alors que celle du métro qui transportait déjà la grande majorité des voyageurs, a monté dans le même temps de 8%. Pas de chance non plus le temps gagné par les bus dans les couloirs est la plupart du temps reperdu aux carrefours en raison des encombrements. Premier contresens.

Second exemple: Un découpage de la voirie facteur d’accidents. Qui s’y retrouve ? Tout avait commencé en 2002 avec, dans le haut de l’avenue Kléber vers l’Etoile, la mise en place d’un couloir élargi sur une courte longueur, défigurant complètement l’avenue. Pour quel bénéfice ? On ne le sait pas mais en ce qui concerne les accidents imputables à une répartition de l’espace public totalement illogique on sait, les riverains en sont les spectateurs.

Mais ce n’était qu’un début. De grands progrès ont été accomplis ensuite bd du Montparnasse  avec le double couloir bus central mais tout cela n’était rien à côté du bd St Marcel, champion toutes catégories, déjà refait à grands frais, mais sans aucune amélioration, où malheureusement des accidents graves ont eu lieu avec là aussi un  double couloir de bus qui passe du centre, au côté ce qui fait que les piétons ne savent plus où regarder. Le découpage est tellement absurde que la Mairie de Paris a placé des panneaux jaunes qui expliquent aux automobilistes où rouler. Malheureusement ils sont tellement denses qu’on en a à peine lu la moitié qu’il faut démarrer sans savoir en toute bonne foi où se diriger..

Ce partage dogmatique de la voirie parisienne a un autre effet ; la montée de l’exaspération et de l’intolérance. Au lieu du respect de l’art de vivre ensemble et du partage de l’espace, on a maintenant une addition de « j’ai droit à « et à une montée de l’agressivité de toutes les catégories concernées. Second contresens.

 

Troisième exemple : les espaces civilisés et les entrées de Paris. Paris est maintenant une ville destinée à vivre repliée sur elle-même. Les grands axes et les voies pénétrantes sont réduits à de petits filets  pendant que la circulation est à l’arrêt, la pollution au maximum, et les reports se faisant sur des voies avoisinantes qui ne sont pas conçues pour cela, ce qui provoque des klaxons incessants et a transformé des rues calmes en enfer, pour les automobilistes, certes, mais aussi pour les riverains qui eux n’y sont pour rien et connaissent leur malheur

A un moment où le Maire de Paris justifie le report de l’examen du Plan de Déplacements de Paris  par l’organisation d’une conférence métropolitaine avec les communes avoisinantes, il est instructif de constater que ses actes vont dans une toute autre direction. Troisième contresens.

 

Dernier exemple (parmi beaucoup d’autres) : la suppression du stationnement de surface. Là l’argumentaire de la municipalité atteint des sommets d’hypocrisie. Certes, le tarif résident a bien baissé. Tant mieux pour les résidents. Mais le vrai problème est qu’il n’y a plus de places pour stationner en surface. Le nombre de places supprimées s’élève à plusieurs milliers pour des causes qui s’additionnent : pistes cyclables, aménagements bus, quartiers verts, places transport de fonds, places pour les personnes à mobilité réduite, et mise aux normes pompiers. Et le processus va s’accélérer dans l’avenir.

Les déplacements liés à la recherche d’une place de stationnement compteraient pour plus de 20% de la circulation. Tout ceci pourrait être compensé par une extension du stationnement souterrain. Non, les parcs de stationnement étant des aspirateurs à voiture dans l’esprit du Maire,il n’en construit pas ou presque. Tant pis pour les riverains, et encore plus pour les visiteurs ou les acheteurs potentiels qui sont priés de faire leurs achats à pied ou à vélo.

Le Paris commerçant souffre : les commerces se plaignent d’une baisse substantielle de leur chiffre d’affaire, certains ferment, la nature des commerces change, les commerces de proximité disparaissent.

Les actifs ne peuvent plus assurer leurs rendez vous. La perte économique s’amplifie. Le Maire de Paris  est sourd à ces réalités. Quatrième contresens.

 

Alors que faire ?

Tous nous souhaitons moins de voitures, mieux de voitures. C'est-à-dire que nous voulons une vraie efficacité contre la pollution, générée par une augmentation des transports collectifs lourds qui desservent la grande et la moyenne couronne et non une série de mesures autoritaires contre les ménages parisiens qui ne sont que 46% à posséder un véhicule. 

 

 

 

Certes, nous avons tous individuellement un effort à faire pour changer nos habitudes en faveur de la marche ou des transports collectifs mais qui ne comprend que les encombrements générés par le Maire de Paris ne permettent pas à la pollution de diminuer ?

Publié dans Tribunes libres

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H. Porte 26/11/2006 21:41

A peut-être moins de 8 mois des municipales, on attend d'un Conseiller de Paris des propositions constructives pour l'avenir. Comme, je l'espère, il n'est pas question de revenir à la politique du tout-voiture précédente (au moins il faut reconnaître à la municipalité actuelle le mérite d'avoir enfin tranché dans le vif), il faut maintenant avancer. Merci à nos élus et futurs élus de faire dans le concret. Hubert Porte

Didier 25/11/2006 10:18

Madame,Moi je ne suis pas là pour défendre Delanoë et son équipe, je suis là pour équilibrer des propos, les votres et ceux de votre parti, ceux de Baupin et des verts, des automobilistes, etc.   Puis-je me permettre de vous donner un conseil : prenez la ligne de bus n°30 et vous verrez que vous irez de Pigalle à la gare de l\\\'Est en moitié moins de temps qu\\\'il y a 3 ans ! Prenez la ligne de bus 67 et vous verrez que vous irez de l\\\'Institut du Monde Arabe à Pigalle en moitié moins de temps qu\\\'il y 3 ans ! Rendons à Cesar ce qui lui appartient :- Delanoe est il responsable des opérations à la RATP et entre autres de la fréquence de passage des bus ?- Delanoe est il responsable du fait que la moitié des déplacements en voiture sont pour des petites distances et oblige t-il les automobilistes à utiliser leur véhicule ?Mon arrondissement - le 9ème - compte 60 000 hanitants mais voit chaque jour 300 000 personnes le traverser; Comment trouver un "juste" équilibre entre le droit légitime de ses habitants à bien vivre et le non moins légitime droit de circulation des personnes qui le traversent ? Moi, plutot que des propos exagérés et disons le partisans, je prefererais que vous me parliez de cette question et de bien d\\\'autres. Quand comprendrez vous que l\\\'espace public à paris n\\\'est pas exentisle pour laisser de la place à vos chères voitures et quand intégrrez vous que plus de la moitié des habitants de Paris n\\\'ont pas de voiture ?