Les deux roues sont victimes d'une scandaleuse répression !

Publié le par L'équipe de rédaction

2006, année noire pour les deux-roues ? Tel est le sentiment de la Fédération française des motards en colère de Paris, qui estime que motos et scooters ont essuyé cette année une vague de verbalisations sans précédent dans la capitale. Bertrand Delanoë s'était pourtant plaint, le 7 novembre, au préfet de police de Paris, Pierre Mütz, d'un manque de sévérité des policiers dans la lutte contre les infractions à la circulation et au stationnement. Cependant, les chiffres que 20 Minutes s'est procurés auprès de la préfecture de police de Paris sont sans appel.

Entre 2002 et 2005, le nombre d'amendes infligées aux motos et scooters mal garés a été multiplié par 12, passant de 3 500 à 43 000. Eric Thiollier, des motards en colère, dénonce le manque de places de stationnement. « On ne sait plus où se garer », s'insurge-t-il. Pourtant, le nombre de places a été doublé depuis 2001, pour être porté à 25 000 aujourd'hui. Et la Mairie souligne qu'elle respecte le rythme de construction de 1 000 emplacements (zones contenant un nombre variable de places) par an auquel elle s'était engagée en début de mandature. Mais cela ne peut absorber les 150 000 deux-roues qui circulent chaque jour à Paris. Le double d'il y a sept ans. Par ailleurs, ceux-ci n'ont plus du tout le droit de se garer sur les trottoirs parisiens, même là où ils ne gênent pas forcément, depuis le durcissement national du Code de la route, en 2001.

Pour sortir de l'impasse, une charte a été envisagée en 2004 entre la Mairie de Paris et la préfecture de police. Elle définissait les conditions dans lesquelles les deux-roues pourraient à la fois stationner sans gêner, et remonter les files, en ville et sur le périph. Mais ce dernier point a fait capoter le texte. « Nous voulions encadrer cette pratique, indique-t-on au cabinet de Denis Baupin, adjoint (Vert) chargé de la Circulation. La préfecture a estimé qu'il fallait réprimer. » La charte a été enterrée et de plus en plus de conducteurs sont désormais verbalisés pour ce motif. Les motards en colère n'hésitent pas à parler de « motophobie ».

Laure de Charette

Contrairement à ce qu'a indiqué le maire de Paris, le nombre d'amendes réellement infligées aux habitués de la route parisienne montre clairement que la moindre infraction ne pardonne plus. A commencer par le nombre de PV pour circulation dans les couloirs de bus, qui a quasiment doublé : 14 000 en 2001, 26 300 en 2006, alors que l'année n'est pas encore terminée.

Pourtant, Christophe Caresche, adjoint au maire chargé de la Sécurité, estime que « les chiffres sont très faibles » en la matière. Concernant le stationnement, près de 6 millions d'amendes devraient être glissées d'ici à la fin de l'année sur les pare-brise de véhicules mal garés ou sans ticket d'horodateur, contre 4,9 millions en 2005. Les 1 100 agents de surveillance de Paris dédiés à cette tâche ne chôment pas. A noter que, malgré l'augmentation du nombre d'amendes, les recettes des horodateurs parisiens sont restées stables depuis 2004.

Publié dans En 2 Roues Motorisé

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