L'affaire des vélos en libre-service : Les avocats de la mairie font front commun avec ceux de Decaux contre l'avocat de Clear Channel en difficulté !

Publié le par L'équipe de rédaction

La juge des référés en a convenu elle-même durant l'audience au tribunal administratif : la « mission » de l'avocat de Clear Channel était « difficile » hier, pour défendre son client. Celui-ci, candidat malheureux à un appel d'offres pour le marché des panneaux publicitaires parisiens couplé à la mise en place de vélos en libre-service dans la capitale, attaquait la Ville de Paris, qui lui avait préféré JCDecaux le 29 janvier. Douze points de droit ont été passés au crible par Clear Channel, durant trois heures, pour tenter de faire invalider la procédure. Seul contre deux avocats de la Ville et deux autres dépêchés par JCDecaux, Me Cabanne a régulièrement été renvoyé dans les cordes, sous le regard compatissant de la juge. Il a notamment reproché à la Ville d'avoir couplé le marché publicitaire au service de vélos, excluant de fait « des PME » qui auraient pu se porter candidates. « Je ne savais pas que vous représentiez les PME », a ironisé la juge. La Ville a rétorqué que « les recettes publicitaires étant aléatoires, c'est ainsi le prestataire qui prend tous les risques ». Et Me Thiriez, avocat de JCDecaux, d'ajouter : « A Toulouse et à Montpellier, les deux marchés ont été dissociés : les entreprises se sont jetées sur le marché de la publicité, et celui des vélos a été infructueux. »

Clear Channel s'est également offusqué que la Ville n'ait pas imposé de nombre maximal de vélos dans son appel d'offres, et l'a accusé de ne « pas connaître ses besoins ». JCDecaux avait, au final, proposé près de deux fois plus de bicyclettes que son concurrent. « C'était au prestataire de déterminer l'effort maximum qu'il pouvait fournir, compte tenu des recettes publicitaires », a répondu la Ville. « Pourquoi voudriez-vous que la Ville s'autocensure et qu'elle prive les Parisiens de vélos si les entreprises sont prêtes à en donner plus ? », a ajouté JCDecaux. La juge acquiesce, et admet que « ne fournir aucun nombre maximal n'est pas contraire à la loi ». La décision de justice devrait être rendue avant la fin de la semaine.

Magali Gruet (20 minutes)

Publié dans En Vélo

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Patrick Emin 24/02/2007 23:39

Les deux systèmes (JCDecaux et Clear Channel) sont-ils équivalents en fonctionnalités, le choix de la Mairie se porte-t-il seulement sur la question des bénéfices en termes d'affichage publicitaire ou les avantages inhérents aux systèmes de location de vélos ont-ils été évalués?