Mairie de Paris : Des cyclistes militants découragés face au dialogue de sourd avec l'équipe DELANOE

Publié le par L'équipe de rédaction

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Abel, le cycliste « historique », jette l'éponge


CERTAINS ont peut-être aperçu sa silhouette débonnaire lors d'un compte rendu de mandat de Bertrand Delanoë ou d'une réunion de conseil de quartier. Abel Guggenheim, militant du Mouvement de défense de la bicyclette (MDB), manifestait régulièrement le premier samedi du mois avec le groupe Vélorution et présidait l'association Vélo XV et VII. Aujourd'hui celui qui a longtemps fait partie du noyau dur des militants cyclistes parisiens, est découragé. Jugeant sa mobilisation inefficace, il a décidé de laisser tomber son combat. Un curieux choix alors même que la mairie de Paris lance son dispositif de vélos en libre-service... « Ce qui a fait déborder le vase, c'est l'aménagement des pistes autour du tramway. Pendant un an et demi, on s'est battu pour faire reprendre les plans et rien n'a changé », maugrée le bonhomme entre ses moustaches blanches. Trop idéaliste Abel Guggenheim ? « Oui, peut-être, mais avant, sous Tiberi, on nous écoutait. Les réunions avec les services ne se passaient pas bien, mais au bout du compte ça avançait. Maintenant, on nous reçoit, mais on ne tient pas compte de notre avis », ronchonne ce tout nouveau sexagénaire. Aux yeux de ce spécialiste, dont tout le monde reconnaît l'expertise, l'équipe Delanoë ne favoriserait pas l'usage du vélo comme mode de déplacement alternatif. « Regardez sur Magenta : il y a une piste cyclable, mais elle est... sur le trottoir ! En fait, la ville fait des aménagements vélo pour redorer son image écolo auprès des familles sans vraiment trop y croire. En cinq ans, elle n'a rien fait pour améliorer la traversée des places », regrette l'homme. « Abel est extrêmement compétent, mais il est aussi parfois extrêmement intransigeant », sourit Pierre Toulouse, le président de Mieux se déplacer à bicyclette (MDB). « Je ne le trouve pas toujours très juste dans l'évaluation de nos actions, renchérit l'adjoint au maire de Paris chargé des transports, l'écologiste Denis Baupin. Mais peut-être que je ferais pareil si j'étais à sa place... » Laurent Lopez, ancien compagnon de lutte d'Abel Guggenheim au MDB regrette ce retrait. « La lassitude, je peux comprendre : le monde associatif est parfois ingrat. Mais quand même, ça m'étonne de lui qu'il laisse tomber », commente cet hôtelier du X e arrondissement. Abel est néanmoins décidé à rester un « citoyen actif et vindicatif ». Il a la ferme intention d'organiser en janvier 2008 un colloque : « Douze ans de politique cyclable » dressera un bilan chiffré et qualitatif du réseau cyclable parisien. Une façon de renvoyer gauche et droite dos à dos et de les obliger à prendre leurs responsabilités quelques mois avant les élections municipales. Une autre forme de militantisme ?

M.-A.G.
Le Parisien , samedi 03 mars 2007

Publié dans En Vélo

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Marine 06/06/2007 21:13

Juste un petit exemple pour souligner le manque de cohérence de la politique d'aménagement des pistes cyclables. A l'occasion de la fête du vélo, j'ai regardé le plan des pistes cyclables parisiennes, et quelle joie il en existe une à côté de chez moi rue Saint Jacques ! Je suis tout de même relativement étonnée : je ne l'ai jamais vue... Je file donc vérifier l'information et constate qu'il y avait bien effectivement une piste cyclable : d'environ un mètre de large, délimitée par une bande blanche, et surtout sur laquelle j'ai vue en 5 minutes déborder 5 voitures, rouler à vive allure 2 motos, et aucun vélo. Logique, personne dans ces conditions n'irait s'aventurer là. Ce soi-disant aménagement de Paris (génial à en croire paris.fr) n'est donc qu'une pure propagande.