Que penser de Vélib' ?

Publié le par L'équipe de rédaction

Vélib : du bon et du mauvais ....

 


'Des avantages énormes'

Velov (DR)
Velov (DR)
Ayant fait des études à Lyon, j'ai vu Vélo'v se mettre en place.

Effet rapide, les Lyonnais se sont mis au vélo, avec leur vélos personnels ou avec Vélo'v. Ce système m'a conduit à me mettre au vélo, alors que j'étais comme la plupart des étudiants un habitué des transports en commun. Gain de temps, économie d'argent, souplesse, liberté, santé, absence de contraintes horaires, j'ai vite vu les avantages énormes de l'usage du vélo en ville.

J'ai donc acheté un vélo dont je me sers à Paris, et je suis tout aussi satisfait. On redécouvre sa ville, on s'ouvre plus à son quartier, on hésite moins à se déplacer, et on peut faire un peu d'exercice physique malgré une vie très remplie. Loin de moi l'idée du cycliste oisif, je cherche à me déplacer rapidement, de manière autonome, en dépensant très peu d'argent, en faisant un peu d'activité physique douce et en ne causant pas de pollution. Quand j'ai des affaires à transporter, tous les moyens sont bons: sac à dos, panier, voire carton scotché au porte-bagages, on se débrouille. Et voiture quand c'est trop gros, je ne suis pas un intégriste mais je vois vite les contraintes: aléas de circulation et difficulté du stationnement.

J'ai eu des périodes d'utilisation assez intensive de la voiture, bilan de l'ordinateur de bord après 700km dans Paris, dont des trajets par le périph pas toujours bouché: 14km/h de moyenne et 9l/100 sur un petit diesel récent, soit la vitesse à vélo. Le choix est vite fait quand on prend conscience des problèmes de responsabilité individuelle dans la pollution et quand on passe à la pompe. Faire le choix d'encourager le vélo, comme l'a fait Tibéri, est donc très pertinent. Faire les choix des Rose-Verts-Rouges est au mieux inconséquent, au pire inconscient.

 

'Des problèmes graves'

Denis Baupin testant Velib (DR)
Denis Baupin testant Velib (DR)
Avec l'arrivée de Vélib je constate un certain nombre de problèmes graves, notamment en comparaison avec Lyon:

1) L'absence de réelle concertation sur l'implantation des stations, les abonnements coûteux (les tarifs lyonnais sont bien plus attractifs: 1h gratuite pour ceux qui prennent un abonnement annuel sur la carte de transports, même si l'on ne renouvelle pas l'abonnement de transports en commun), les vélos toujours aussi lourds. De même le tarif des heures supplémentaires est prohibitif à Paris, la pompe à vélo s'est transformée en matraque-pompe à fric.

2) Des emplacements de stationnement pour deux-roues et vélos ont été supprimés pour être remplacés par le système collectiviste, je trouve cela choquant. Il me choque moins de supprimer quelques places pour voitures ou de la place sur certains trottoirs très vastes, car le stationnement des vélos est assez compact, de plus à Lyon chaque vélo est emprunté 10 à 15 fois par jour si ma mémoire est bonne, ce qui fait un service rendu par mètre carré d'espace public occupé très satisfaisant, plus satisfaisant qu'une place pour voiture. De plus Vélib pourra remplacer l'usage de la voiture sur un certain nombre de trajets, même si ce ne sont que quelques % le gain existera et le bilan sur le stationnement ne devrait donc pas être négatif même si quelques places, aussi rares que possible j'espère, seront supprimées.

3) La voirie parisienne n'est toujours pas adaptée au vélo, sauf sur les axes les moins fréquentés. Les grandes places (République, Bastille, Concorde, Madeleine...) sont difficilement praticables pour les débutants et les pavages de certains secteurs notamment sont un réel danger. Des axes majeurs (boulevard Haussman, rue de Rivoli) ont leur bitume absolument défoncé dans les couloirs bus/vélos, ces couloirs étant en plus particulièrement pénibles notamment en heures de pointe, à cause de la circulation trop intense et des gros plots de feux rouges qui réduisent la largeur à chaque intersection, rendant les dépassements difficiles et dangereux. Nul doute que Vélib fera des morts à cause du manque d'entretien de la voirie et de l'absence d'un réseau cyclable cohérent (pas forcément de pistes dédiées au vélo, mais de voies adaptées à une pratique sûre)

4) Il semblerait que les plans des stations vélib ne seront même pas édités... Pratique quand on veut rejoindre un quartier que l'on ne connaît pas!

5) Autre problème, énorme, probablement le plus révélateur, la limitation de Vélib aux murailles de Paris, alors qu'il aurait été évident de mettre en place ce système avec des villes voisines qui font partie de la même aire urbaine. Par exemple un trajet de Paris 11e à Saint-Mandé ou Vincennes se fait très bien à vélo, le métro n'est pas toujours adapté à ce genre de trajets, mais pour cela il ne faudra pas compter sur Vélib. Le vélo est très pratique pour relier Paris et la petite couronne (sauf au niveau de certaines portes, Bagnolet par exemple), de même que les villes de petite couronne entre elles, là où les transports en commun sont si insuffisants. A Lyon, les villes de la communauté urbaine qui n'ont pas intégré le système Vélo'v le réclament aujourd'hui, mais "trop tard, les contrats sont signés"... Ce serait certainement une idée folle que de tirer des leçons de l'expérience lyonnaise, à Paris on reste dans les murs, les yeux rivés sur le calendrier électoral. Il ne manquerait plus que les Parisiens puissent s'ouvrir sur leur banlieue et découvrir comme la politique peut être meilleure dans une ville de droite !

On y sera, nous électeurs parisiens, au rendez-vous du calendrier électoral ! Et ça ne sera pas en faveur de ces dictateurs qui se sont emparés des clés de l'Hôtel de Ville pour faire subir à tous leur manque de vision.

Pierre B., 11e arrondissement
 

Publié dans En Vélo

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Didier 19/07/2007 12:11

ce que vous dites est si loin de la realité, si excessif et même parfois completement faux (cf le plan des stations) que cela en perd toute valeur

blups 15/07/2007 19:30

Vous énoncez des vérités (côté électoraliste de l'opération,  parisianisme du vélib qui stigmatise le besoin d'une communauté urbaine de Paris, les points noirs que sont les pistes cyclables à Paris, et les places 2 roues supprimées) mais vous ne proposez RIEN.Sinon, mettre en place une mairie de droite, ce qui me semble un peu court comme argumentation.Je trouve que vous exagerez sur les tarifs, 2 Eur pour rouler 1 heure, ça me semble honnête. Ce système n'est pas fait pour garder le vélo 1 journées, il y a la location pour cela. Par ailleurs, il est évident que les villes limitrophes pourront rejoindre le système ultérieurement, et que cela est dommage que ça ne soit pas déja le cas.C'est un premier pas, insuffisant mais positif, et avouez que la couleur politique n'a RIEN à voir dans l'histoire...

burninghell 06/07/2007 17:50

Parce que Tiberi a un jour fait quelque chose pour Paris? On croit rever... Ca c sur, la droite a Paris c F.I.N.I